Publication de la PPE3

La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) s’insère dans le cadre du Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) et de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC).

Schéma simplifié illustrant les interactions entre la SNBC, la PPE et d'autres plans, incluant des documents internationaux, nationaux, sectoriels et territoriaux.

Or, comme les médias l’ont abondamment évoqué depuis quelques jours, a été adopté le décret n° 2026-76 du 12 février 2026 relatif à la programmation pluriannuelle de l’énergie (NOR : ECOR2514212D), troisième édition du genre, au JO de ce matin :

Ce décret fixe la programmation pluriannuelle de l’énergie, qui définit les priorités d’action des pouvoirs publics pour la gestion des formes d’énergie sur le territoire hexagonal continental sur la période 2026-2035 afin d’atteindre les objectifs définis aux articles L. 100-1L. 100-2 et L. 100-4 du code de l’énergie, et ce en application de l’article L. 141-1 de ce même code. 

Mais c’est ici, dans l’annexe de ce décret, que tout se trouve :

Comme l’expose le Gouvernement, la PPE repose « sur un triptyque indissociable : la sécurité d’approvisionnement énergétique, la maitrise des prix de l’énergie et la lutte contre le changement climatique : la sécurité d’approvisionnement et la souveraineté énergétique, en anticipant l’évolution du mix énergétique et son impact sur les infrastructures de production, de transformation, de transport et de distribution d’énergie, ainsi qu’en réduisant nos dépendances stratégiques aux énergies fossiles importées. »

Avec schématiquement :

  • le nucléaire qui rit
  • les EnR qui pleurent, surtout l’éolien terrestre (mais peuvent garder le sourire les acteurs du thermique, de l’énergie tirée des déchets / cogénération / méthanisation, de l’éolien en mer, etc.)

Cela dit, il faut relativiser. Le « scénario central » de la PPE reste celui d’une croissance notable du photovoltaïque et d’un maintien de l’accélération de l’éolien terrestre… même si le décret lui-même dispose bien que :

« Jusqu’au 31 décembre 2028, les rythmes d’attribution de soutien public pour l’éolien terrestre et le photovoltaïque ne peuvent pas excéder ceux prévus au II de l’article 3 du décret n° 2020-456 du 21 avril 2020 susvisé.
Les capacités à attribuer ou à contractualiser pour les installations de production d’électricité renouvelable après cette date seront, le cas échéant, ajustées en tenant compte notamment de l’évolution de la consommation d’électricité, du développement des moyens de production d’électricité décarbonée et du développement des flexibilités décarbonées. Une révision simplifiée de la programmation pluriannuelle de l’énergie pourra être lancée à cette fin en 2027.

[…]
Pour l’éolien terrestre, le renouvellement des parcs existants sera privilégié.»

Voici ledit scénario central qui reste timide en évolution de l’hydroélectricité (très légèrement relancée cela dit, ce sujet restant en proie à de nombreuses polémiques en termes  notamment de continuité écologique des cours d’eau au risque de mettre dans le même sac des situations fort différentes sur le terrain ….) mais qui s’avère notable sur l’hydrogène, le biométhane…

Tableau comparatif de la consommation d'énergie finale et de la production d'électricité décarbonée pour les années 2023, 2030 et 2035.
Tableau présentant les prévisions de consommation d'énergie finale en 2023, 2030 et 2035, avec des détails sur l'utilisation des énergies fossiles, la chaleur renouvelable, le biométhane, les biocarburants et l'hydrogène.
Tableau montrant la capacité installée en GW et l'énergie produite en TWh des énergies renouvelables en 2023, 2030 et 2035.

Au total en termes de mix énergétique, voici la prévision en consommation finale par vecteur :

Graphique montrant la consommation finale énergétique par vecteur de 2000 à 2035, indiquant les différentes sources d'énergie comme le charbon, la chaleur vendue, l'électricité, les énergies renouvelables thermiques, le gaz naturel, et les produits pétroliers.

Avec un maintien d’un scénario de baisse des consommations (sous réserve de quelques évolutions et variantes) :

Graphique représentant les projections des consommations d'énergie finale pour la période 2024-2030, avec des objectifs spécifiques indiqués pour 2030.

Et ce pour répondre ainsi à deux objectifs qui sont ici résumés et vulgarisés :

Un graphique présentant des objectifs de production d'énergie décarbonée en France d'ici 2035, avec des données sur les énergies nucléaires, éoliennes, photovoltaïques, hydrauliques et biométhane.
Infographie sur les objectifs de consommation d'énergie en France de 2023 à 2035, indiquant des données sur la consommation de TWh d'énergie pour les années 2023, 2030 et 2035, avec un accent sur l'efficacité énergétique et l'électrification décarbonée.